Les tribulations d’une journaliste française

[Article publié sur webullition.info]

Sur son blog, Sylvie Nicolet parle de ses expériences journalistiques. Elle laisse quarante ans de carrière derrière elle, sans vraiment ranger au placard ce qu’elle aime : raconter. Ses histoires, ses ratés, ses craintes, mettent en exergue une passion pour ce métier si singulier ainsi qu’une soif d’apprendre et de toucher à tout.

« Je prends ma retraite, ou comment liquider quarante ans de journalisme », voilà les premiers mots que l’on peut lire sur le blog de Sylvie Nicolet. C’est en cherchant des documents à remettre à la Caisse nationale de retraite que la journaliste redécouvre sa vie : « Ça m’a fait revivre des histoires, ça m’a submergée. Je me suis dit allons-y, racontons tout ça. ».
En quarante ans de carrière elle a touché à tout : presse écrite, radio, télévision et un peu de web. Avec ses posts, elle espère toucher les jeunes.

« Tu vois la photo, là ? Tu me crois si je te dis que c’est à ça que ressemble la rédaction d’une radio en 1980 ? ». Le blog est ponctué du « tu ». L’utilisation de ce pronom personnel n’est pas sans raison. Ce « tu » c’est le lecteur lambda, le jeune qui découvre la vie de cette journaliste, mais le « tu » c’est aussi Sofian, un ancien candidat de la promo « égalité des chances » de l’ESJ.

Sylvie l’a pris sous son aile, a tissé des liens privilégiés avec lui. Il a été le premier à entendre ses histoires, un de ceux qui l’ont poussée à écrire sa carrière, sa vie.

« Je n’ai jamais conçu ma carrière »

Le format blog lui assure une liberté dont elle est éprise depuis toujours : « J’ai une carrière un peu atypique, je ne me suis pratiquement jamais fixée ». Par choix, mais aussi par conviction : « Les endroits où je suis passée, à partir du moment où j’avais l’impression que j’y avais appris tout ce que je devais apprendre je les quittais car mon ambition n’était pas de devenir chef. Je n’ai jamais conçu ma carrière. »

Une façon de penser qui se heurte à la ligne éditoriale de VSD, (qui a bien changé depuis précise-t-elle) en 1980. Elle signe pourtant son premier CDI là-bas mais ne reste que deux mois : « C’était du spectacle. En tant que journalistes on n’était pas respectés. »

Elle claque la porte du magazine après qu’un de ses articles a été modifié sans son autorisation. « Je n’ai pas fait d’école, j’ai donc du me fixer mes règles moi-même, personne ne m’a jamais appris comment faire. »
Il lui semble donc naturel de ne pas accepter que l’on modifie ses papiers sans qu’on le lui demande ou qu’on lui indique quoi changer. Pas question de signer un article dont on ne peut pas « assumer » les propos : «Tout ce que j’ai écrit dans ma vie je l’ai assumé, je savais pourquoi j’écrivais ça. »

« Je me suis beaucoup amusée »

La journaliste évoque le passage au numérique avec l’ancêtre de la clé USB : la disquette : « C’est en 1993 que pour la première fois j’ai travaillé pour un journal qui m’a demandé de donner mes papiers par disquette. J’étais pigiste dans un quotidien, je faisais presque tous les jours le voyage avec mes disquettes jusqu’au journal. »
 Pour ce qui est de la radio, elle n’a jamais monté en numérique : « Je n’ai monté qu’à l’ancienne avec mes ciseaux, ma réglette et mes bandes magnétiques. » 

La transition à internet s’est faite en douceur puisque à ce moment-là elle était rédactrice en chef à la télévision. Malgré toutes les mutations du journalisme, à travers ces quatre décennies, Sylvie Nicolet résume sa carrière en une phrase : « Je me suis beaucoup amusée ».

Même quand, dans la cinquantaine elle a eu plus de mal à trouver du travail, la reporter a su rebondir et garder une déontologie à toute épreuve : « Un journaliste ça prend le temps de vérifier son info, qu’est-ce que ça peut faire d’être le premier ? ». Si elle avait un conseil pour les nouvelles générations de journalistes c’est de faire des stages dans la presse écrite, radio et télé , au moins pour voir comment ça se passe.

Son blog est actualisé tous les deux-trois jours, mais Sylvie Nicolet  écrit comme ça lui vient, sans rien concevoir, comme sa carrière.

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