Sacha Sperling : autobiographie d’un bobo

[article réalisé dans le cadre d’un cours]

J’ai perdu tout ce que j’aimais,roman de Sacha Sperling publié aux éditions Fayard,  mêle récit autobiographique et thriller sulfureux. Le jeune écrivain réalise une prouesse, celle d’écrire son troisième roman à seulement 23 ans.

Le titre fait cette fois référence à une chanson d’Alain Souchon, quand celui de son premier livre faisait référence à une chanson de Gainsbourg. Dans Mes illusions donnent sur la cour, il utilisait déjà son alter-égo, Sacha, bobo parisien à la vie anarchique. Il réitère l’expérience pour ce troisième ouvrage.

Celui-ci revient de Los Angeles,ayant fuit la capitale française après la publication de son premier roman. Tous ses pseudos-amis lui ont tourné le dos à cause de ce premier livre où il les dépeint comme des jeunes paumés qui vont de fêtes en fêtes et qui usent et abusent de l’alcool, de drogues et de sexe.

En posant à nouveaux ses valises à Paris, les démons de Sacha refont surface.

Un récit schizophrène

Le style décousu frise la bipolarité, de la même manière que dans son premier roman, Sacha Sperling manie parfaitement la polyphonie. Comme si la vie réelle et les pensées ne pouvaient pas se mêler, le récit s’articule autour de deux voix. L’auteur livre à nouveau une œuvre où le personnage n’est plus maître de sa vie. Il subit tout ce qui lui arrive et au fond, on a un peu l’impression qu’il lit par dessus notre épaule.

S’ajoute à cela la dimension du thriller, à laquelle on a du mal à croire. Au premier abord,  c’est une simple image de la schizophrénie qui habite le personnage jusqu’à ce que l’on s’aperçoive que cela fait parti de l’histoire.Sacha est véritablement menacé, il va encore tomber du piédestal sur lequel il s’est toujours placé, se croyant au dessus de tous.

C’est d’ailleurs cette prétention et cette nonchalance qui en font un être attachant. On est animé par le désir de le tirer du cercle infernal dans lequel il s’est mis. C’est sans rappeler Meursault dansl’Etranger d’Albert Camus, qui paraît s’être assis sur un fauteuil de cinéma pour voir sa vie défiler à l’écran, jusqu’à ce qu’il soit guillotiné.

L’anti-Héros

Le personnage fait figure d’anti-héros car il ne peut pas être aimé pour ce qu’il est. Les gens qu’il aime sont là de façons éparses, presque comme des fantômes. Les personnes qui l’aiment ne peuvent pas rester près de lui car il les rejette. Au final, Sacha est seul, il se crée un ami imaginaire qui l’aide à ne pas tomber dans la folie.

Mais la réalité le rattrape, jusqu’au point de non retour.

Avec un style singulier, Sacha Sperling réalise ce que Bret Easton Ellis avait réussi à faire dans Moins que zéro et Suite(s) impériale(s) :créer un personnage je-men-foutiste qui subit sa vie, un anti-héros bobo qui a perdu tous ceux qu’il aimait.

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