L’excision, un drame mondial

Pleurs, hurlements, douleurs, l’excision laisse chez les femmes qui l’ont subi une marque indélébile. « Un coup seulement. Et une douleur horrible. J’ai crié », relatait Marie* au magazine Néon. « C’est un choc, une douleur qu’on garde toute sa vie », rapportait Madina au journal le Point. La journée mondiale contre les mutilations génitales faites aux femmes, le 6 février, a été l’occasion de mieux comprendre cette pratique.

Selon des chiffres de l’UNICEF parus le 4 février 2016, près de 200 millions de femmes auraient subi une excision dans plus de 30 pays du monde. Un rapport qui comptabilise 70 millions de femmes en plus que les précédents chiffres de l’ONU (l’Indonésie ayant fournit ses chiffres récemment). Sur ces chiffres, 44 millions des excisées seraient des jeunes filles de moins de quinze ans et dans le monde. Une fillette serait excisée toutes les sept secondes.

Malgré la prise de position de plusieurs pays africains, l’excision persiste et certaines familles la pratiquent seulement par coutume, sans connaître les dommages physiques et psychologiques qu’elle peut provoquer.

C’est quoi l’excision ? (âmes sensibles…)

L’excision est l’ablation d’une ou plusieurs parties des organes génitaux féminins. Il en existe plusieurs « types » séparés en « degrés » de gravité.

La clitoridectomie est l’ablation totale ou partielle du clitoris. Celui-ci étant parfois considéré comme le côté « masculin » de la femme, son ablation s’apparenterait à la circoncision dans la tradition des pays la pratiquant.

L’excision on en elle même désigne l’ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, en incluant parfois l’ablation des grandes lèvres.

La pire de toutes les mutilations génitales féminines est l’infibulation qui consiste a rétrécir l’orifice vaginal par l’ablation et l’accolement des petites et grandes lèvres, en enlevant ou pas le clitoris. Certains pensent qu’elle est pratiquée pour que le mari prenne plus de plaisir lors de la nuit de noce.

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Souvent les mutilations génitales sont pratiquées par une exciseuse. On devient exciseuse par tradition, et les mutilations se font avec un couteau transmis de génération en génération, dans des conditions d’hygiènes déplorables. Ainsi, outre la souffrance psychologique ressentie par la jeune femme, elle est sujette à des infections et autres maladies.

Quels pays sont concernés par l’excision ? 

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Le rapport de l’UNICEF montre qu’entre 2004 et 2015 98% des Somaliennes âgées de 15 à 49 ans ont subi une mutilation génitale. En Guinée elles sont 97%, à Djibouti 93 % et en Sierra Leone 90%. Le Mali et l’Egypte pratiquent à 89 et 87% l’excision.

Pourtant, quelques pays d’Afrique subsaharienne se mobilisent contre ces pratiques. En juin 2015, le Nigéria a interdit les mutilations génitales faites aux femmes. Au Togo, c’est la loi du 17 novembre 1998 qui l’interdit. Malgré tout, certains pays ayant légiférés sur ce sujet n’appliquent pas de sanctions comme l’Érythrée où 83 % des femmes a subi des mutilations ces dernières années.

En Europe

En France, l’excision est passible de dix ans à vingt ans de prison :

  • les violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente sont punies de 10 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende (art.222-9)
  • 20 ans de réclusion criminelle si la mutilation est commise sur un-e mineur-e de moins de quinze ans par un ascendant légitime, naturel ou adoptif ou par toute autre personne ayant autorité sur le mineur (art. 222.8)

On compte 53.000 femmes ayant été excisées en France. Si elles ne sont pas toujours pratiquées dans l’Hexagone, les mutilations génitales arrivent parfois lors de vacances dans le pays d’origine de la famille. En Europe, ce serait 500.000 femmes qui vivraient avec l’excision selon un rapport de l’ONU.

Mais beaucoup décident d’abandonner la pratique de l’excision bien qu’elle soit dans leur culture, car tradition ou pas, nous sommes en 2016. A la rédac d’Info sans flitre on vous conseille de regarder « Fleur du désert », le biopic sur l’histoire de Waris Dirie, mannequin et militante somalienne contre l’excision.

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A gauche : Liya Kebede (actrice de Fleur du désert), à droite : Waris Dirie

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Le saviez-vous ? 

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