Lilyane Beauquel, du voyage à l’écriture

[Article publié sur http://lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr, un projet de l’Université de Lorraine.]

L’Allemagne, la Norvège, le Japon, trois lieux si différents que Lilyane Beauquel est allée voir pour alimenter son écriture. Son univers, à la fois romanesque et réel, transporte le lecteur dans des histoires de vies. Trois livres seulement et pourtant, la nancéienne crée depuis toujours. Rencontre.

Entrer dans l’univers de Lilyane Beauquel, c’est s’avancer à pas feutrés dans la vie d’un ou plusieurs personnages. L’écrivaine, originaire de Nancy a pris le temps de laisser les mots venir jusqu’à elle. C’est en 2011, à l’âge de 58 ans, qu’elle publie son premier roman. Sûre alors, après avoir vécu une vie de « multi-créatrice » d’être publiée.
L’écriture a toujours été là, en attente. Lilyane Beauquel a nagé dans le milieu artistique tout au long de sa vie. Elle a donné des ateliers d’écriture de scénarios, de photos en milieu scolaire. Autant d’expériences qui ont nourri, sans qu’elle s’en aperçoive, sa plume : « C‘est comme si j’avais capitalisé tout ce langage par l’écriture », affirme-t-elle.

Des lieux comme point de départ.
En 2016, elle publie l’Apaisement, son troisième ouvrage. L’histoire d’un pays, le Japon, dévasté par l’explosion de la centrale Fukushima. Cette « vague » qui a tout emporté est racontée à travers les yeux de Jim, un français expatrié et de sa femme Itoé, disparue dans la catastrophe.
Lilyane Beauquel raconte que son cheminement rédactionnel part toujours d’un lieu : « Mon premier livre se passe en Lorraine, dans un lieu que je connaissais, que j’ai revisité un peu par hasard et qui m’a imposé un sujet, qui m’a imposé l’écriture à un moment où je ne pensais plus être dans cette partie là de la création. » De cette « rencontre » avec ce lieu, le cimetière allemand de Thiaucourt, naît Avant le silence des forêts. L’histoire de quatre jeunes allemands, pendant la première guerre mondiale.
Pour son deuxième roman (En remontant vers le Nord), c’est une église en Norvège qui a appelé le récit. Sven, le héros quitte son lieu de naissance et revient après plusieurs années de périple. En avançant vers le nord est un conte nordique est une épopée qui se déroule au XIXème siècle.

Toujours le voyage.
Lilyane Beauquel emporte avec elle des carnets de voyage. Elle peut ainsi mettre en scène ses périples, ramener des souvenirs. « J’aime beaucoup marcher en montagne, c’est une des choses que j’aime le plus au monde. » Lorsqu’elle écrit un nouveau roman, elle a besoin de deux ans. Un temps qui lui paraît nécessaire : « Écrire c’est un peu méditer », déclare-t-elle. C’est par le biais de la fiction que l’auteur creuse des sujets qu’elle n’avait pas l’habitude de questionner. Il faut un an de « détricotage » pour « construire la mosaïque » de l’œuvre.
Les trois ouvrages sont partis d’une question, dont elle n’a pas forcément la réponse et ce qui l’intéresse c’est de passer deux ans, en compagnie de personnage qui « finissent par avoir leur propre logique ».
Mais c’est bien ses voyages qui sont des points de départ. Les phrases écrites lors de ses déplacements en montagne, sont celles qu’elle retouche le moins, comme si la découverte d’un endroit imposait une histoire, une évidence : « J‘ai besoin d’allumer les mèches de l’écriture ailleurs que dans un bureau ».

1 commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s