Les jours après la peine

 

Il y a un an je réalisais un webdocumentaire sur la réinsertion après la prison. Plus qu’une enquête journalistique, ça a été une aventure humaine incroyable. J’ai eu l’impression qu’on avait enlevé l’identité aux deux êtres humains que j’ai rencontrés pour leur coller le mot « taulard » sur le front.

Je n’ai pas la prétention de dire que mon travail est parfait ou qu’il change quoi que ce soit à la situation, mais je crois qu’il a au moins eu le mérite de donner la parole à deux personnes qui ne l’avaient jamais eue jusqu’alors.

Ceci étant dit en un an si peu de choses ont changé. Les prisons sont toujours surchargées et espèrent encore être un vecteur de réinsertion pour les hommes et les femmes qui y passent.

Bastamag révélait le 24 janvier dernier un rapport publié par  l’ONG Confluences sur les conditions carcérales dans la prison des Baumettes. Cette prison du sud de la France a déjà vu ses conditions de vie exécrables exposées sur le blog Bruno des baumettes, un journal de bord détaillé du passage de l’auteur dans le quartier isolés de la prison marseillaise.

Un malaise de chaque côté des barreaux

Alors voilà, les surveillants pénitentiaires manifestent ou ont manifesté pour réclamer des droits, des conditions de travail décentes et une certaine sécurité, ce qui est compréhensible. Mais de l’autre côté des barreaux, la prison n’est pas une zone de non-droit. Aux Baumettes et ailleurs on vit dans des petits espaces à plusieurs, on cantine pour avoir un semblant de distraction (la télé par exemple), on passe 22 heures sur 24 dans une cellule et on paie le prix de l’éloignement familial, de ce délitement qui fait que les êtres chers arrêtent parfois de venir.

Aux Baumettes on attrape la gale voire même la tuberculose et non ce n’est pas le club med.

Payer le prix

Et quand on est poussé hors de la vie en prison, de ce huis-clos qui se joue sans le reste de la société, il faut bien essayer de vivre. Il faut réapprendre à traverser la route, à ouvrir la porte, à aller au supermarché, à gérer son argent, à retrouver des liens familiaux. Il faut se reconstruire depuis zéro et passer outre le fait que l’épée de Damoclès reste bien accrochée au-dessus de sa tête.

Voici (Ré)insérés, les jours après la peine, pour mieux comprendre comment la prison détruit, déconstruit et isole. Comment elle n’est pas vecteur de réinsertion et ne le sera jamais si elle reste ainsi. Et comment on peut essayer de se reconstruire lorsque l’on en sort, au-delà du job et du logement. 

Cliquez sur la photo pour accéder au webdocumentaire (Google chrome est nécessaire pour un meilleur confort de lecture)

 

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